Histoire des Blanchon-Montfuron

vendredi 11 novembre 2005
par  le chazellois

Histoire des Blanchon-Montfuron de 1711 à 1891

(à jour des recherches au 08 octobre 2005)

- Hippolyte Bourne, l’historien de Chazelles-sur-Lyon (Loire), nous apprend [1] que l’appellation “Blanchon-Montfuron(d)”, parfois déformée en “Montfrond”, était couramment utilisée à la fin du XIXe siècle par les habitants du lieu pour désigner les derniers descendants d’une famille qui avait, croyait-il, conservé en son sein, pendant deux générations et jusqu’aux premières années de la Révolution, le poste de fermier du Domaine de Montfuron, appartenant à la Commanderie des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem (ou Ordre de Malte), qui régnait sur la ville depuis des siècles. Des recherches dans les Registres paroissiaux et d’État-Civil, dans le riche Fonds Malte des Archives Départementales du Rhône, ainsi que dans les archives des notaires de la région, nous ont montré que l’on pouvait en fait reconstituer l’histoire de cette famille sur au moins cinq générations, depuis l’obtention d’un premier bail à ferme en 1711 jusqu’au décès du dernier descendant de la branche principale en 1891, et que cela jetait quelque lumière sur l’histoire économique et sociale des Monts du Lyonnais sur une période de 180 ans.

- Pour trouver l’origine des Blanchon-Montfuron, il faut partir d’Antoine Blanchon, né vers 1670-80, fils de Benoît Blanchon, journalier de St Cyr-les-Vignes (Loire), et de Claudine Pupier. Sauf découverte toujours possible d’actes encore inconnus, on ne peut guère être plus précis ni remonter plus haut avec certitude, car les Registres Paroissiaux de St Cyr qui nous sont parvenus ne commencent qu’en 1718, plus tard que ceux de toutes les paroisses environnantes ; toutefois, des liens de parrainage avec des Blanchon de Virigneux (Loire), dont les Registres commencent en 1636, suggèrent que la famille était peut-être originaire de cette dernière localité.

- En 1700, Jean Blanchon, frère aîné d’Antoine, journalier de St Cyr-les-Vignes, arrive le premier à Chazelles-sur-Lyon, pour épouser Louise Juban, fille de Benoît Juban, Maître Chapelier. La famille Juban devait être honorablement connue car le parrain de Louise avait été Me Claude Pupier Capitaine Châtelain de Chazelles, c’est-à-dire fondé de pouvoir du Seigneur Commandeur. De cette union naîtront au moins dix enfants, les premiers à St Cyr, puis à Maringes (1705), puis surtout à Virigneux (1707-1716), et enfin à Chazelles pour le dernier (posthume, né 1719). A sa mort Jean Blanchon venait d’obtenir un bail à grangeage pour le domaine de La Tournelle à Chambéon, où il fut enterré le 14 décembre 1718. Sa veuve se réfugia à Chazelles auprès de sa famille et, sans doute avec son aide, plaça tous ses garçons dans la chapellerie, à l’exception d’un seul qui sera maçon et charpentier. C’est ainsi que cette branche quitta l’agriculture. L’un de ses membres se singularisa même en accédant à une profession libérale : Claude Blanchon, notaire à St-Symphorien-le-Château de 1773 à 1814.

- En 1702, Jacques Blanchon, autre frère d’Antoine, également journalier, arrive à son tour à Chazelles, où il épouse Marguerite Perret, fille de Claude Perret, dit Buzat, laboureur et meunier. Le couple aura neuf enfants entre 1703 et 1723, tous baptisés à Chazelles. A partir de 1727 Jacques Blanchon obtiendra de Me Pierre Commarmond, Capitaine Châtelain depuis 1703 et gendre de Claude Pupier, son prédécesseur, la ferme du domaine de St-Bonnet-les-Places, membre dépendant de la Commanderie de Chazelles situé sur la paroisse de St-Laurent-de-Chamousset (Rhône), où il se transportera aussitôt avec toute sa famille. Il y décèdera le 18 avril 1751, âgé d’environ 85 ans. Son fils Jean, puis son petit-fils Cyprien lui succéderont comme fermiers du domaine de St Bonnet jusqu’à la Révolution.

- Enfin en 1705, c’est le tour d’Antoine, le plus jeune des trois garçons, journalier comme son père et ses frères, de venir s’installer à Chazelles. Il faut croire que la ville, cruellement éprouvée par des épidémies et des famines au cours du XVIIe siècle, manquait alors terriblement de bras et qu’il pouvait espérer y faire son chemin grâce à l’appui de ses aînés et des familles avec lesquelles ils s’étaient alliés. Il y épouse Jeanne Girin, fille d’un laboureur de Chevrières et veuve depuis un peu plus d’un an d’Antoine Grangy Lyodon, laboureur de Chazelles, auquel elle a donné trois enfants, dont deux sont déjà morts. En 1706 ils ont un fils, Benoît, dont le parrain est Benoît Blanchon (probablement son grand-père, mais il est dit journalier de Virigneux et non de St Cyr-les-Vignes), et trois ans plus tard Jeanne Girin meurt en couches. L’année suivante Antoine Blanchon se remarie avec Benoîte Chirat, fille de défunt Claude Chirat laboureur de Meys et de Gasparde Gubian (originaire de Grézieu), qui lui donnera dix autres enfants entre 1710 et 1727. En 1711, il obtient, on ne sait trop comment, le poste de fermier du plus grand des deux domaines de La Commanderie de Chazelles, savoir le domaine de Montferrand [2] , Montfuran(d), Montfurond, ou Montfuron (c’est cette dernière forme qui a finalement prévalu) à Chazelles, qui contenait entre 65 et 80 ha, situé pour la plus grande partie à la sortie de la ville au-dessus de la route actuelle de Bellegarde : les bâtiments, qui subsistent toujours, sont en partie visibles du nouveau rond-point entre les deux zones industrielles de Montalègre et de Montfuron [3] . C’était là une promotion sociale considérable. Grâce à ce poste, Antoine Blanchon, parti de rien, parvint bientôt à acquérir une propriété agricole d’un peu plus de 18 ha à Jancenay, entre la Coise et son affluent de la rive droite la Gimond, au sud-ouest de la ville, qui appartenait précédemment au Sieur Etienne Flachon, bourgeois de Lyon, mais de souche chazelloise. Ses héritiers la conserveront jusqu’au dernier. Antoine Blanchon meurt sans doute le 2 février 1728 [4].

- Benoît Blanchon (1706-1761), unique enfant survivant du premier mariage d’Antoine Blanchon ci-dessus, a seulement 22 ans à la mort de son père et il poursuit sans hiatus l’exploitation du Domaine de Montfuron [5],sans doute avec l’aide de ses demi-frères et sœurs (l’ainée a 16 ans) et de leur mère, Benoîte Chirat, qui est leur tutrice légale et qui à ce titre administre les biens familiaux de Jancenay [6]
.Dès 1729, il épouse Jeanne Grangy Thomas, environ 20 ans, sœur de son meilleur ami Barthélemy Grangy, et fille de Jean Grangy Thomas, propriétaire à La Chèvre, paroisse de Chazelles, tout près de Jancenay. Elle lui donne rapidement trois enfants, dont un seul, Barthélemy Blanchon (1731-1800) survivra, et elle décède en 1732, suite de couches. L’année suivante, 1733, Benoît Blanchon se remarie avec Catherine Goujon (1707-1779), fille de meunier de St Denis-sur-Coise. Ils auront en tout onze enfants entre 1733 et 1751, dont dix vivront et huit auront des descendants, en particulier Mathieu Blanchon (1735-1809), l’ainé des garçons, qui succédera à son père, sera Syndic de la communauté de Chazelles puis premier Maire de la ville lors de la création des Communes par la Constituante, administrateur du District de Montbrison, et enfin député du Rhône-et-Loire à l’Assemblée Législative (V. ci-dessous) ; Jean Marie Blanchon (1742-1790), Marchand chapelier, dont le fils Jean Baptiste, maire de Chazelles sous la Restauration (1815-1830), laissera un mémoire manuscrit (déposé où ?) largement utilisé par Hippolyte Bourne pour brosser l’histoire de la ville, de la Révolution à environ 1858 ; Benoît Blanchon (1744-1832), Maître chapelier, puis Marchand chapelier, qui sera le père d’Antoine Blanchon, curé de Messimy (Rhône) ; Etienne Blanchon (1747-1797), ancêtre de l’auteur de la présente notice, qui sera, à partir de 1783, cultivateur au Guillot Gros, lieu-dit de Ternan, paroisse de Virigneux puis commune de Maringes ; Jean Baptiste Blanchon (1749-1828), agriculteur à La Barbarie, paroisse de St Cyr-les-Vignes puis commune de Bellegarde ; et enfin Antoine Blanchon (1751-1830), Marchand chapelier à Chazelles, Directeur de la Poste aux Lettres et Premier substitut de la Justice de Paix du Canton de Chazelles.

- Benoît Blanchon, sans être richissime, devait bien gagner sa vie. Outre les dîmes du Domaine de Montfuron et celles du Domaine Margat contigu (La Margassière), dont la perception lui revenait en tant que fermier du Seigneur Commandeur, il affermait parfois d’autres dîmes de la Commanderie, telle que celle dite “de Champagneul” qui se percevait à Haute Rivoire (Rhône) [7],et ce genre d’opération pouvait être très lucratif. Grâce à cette position il réussit, à une date inconnue postérieure à 1740, à acheter un petit domaine d’environ 7 ha 33, dit Domaine Gabillon, ou du Moulin Gabillon [8] ,tout en rachetant progressivement les droits de ses demi-frères et sœurs sur les biens acquis par Antoine Blanchon son père à Jancenay. Il fit aussi donner à ses fils une instruction au moins élémentaire, car à la différence de leurs cousins de St Bonnet-les-Places, qui ne savaient pas signer, tous savent lire et écrire. Enfin il s’arrangea pour marier les aînées de ses filles à des laboureurs aisés de la paroisse de Chazelles. Il mourut en 1761, à un peu plus de 54 ans, sans avoir eu le temps de mener toutes ces entreprises à leur terme. La suite des événements montre qu’il laissa le domaine Moulin Gabillon à son fils Barthélemy Blanchon, né de son premier mariage, et le domaine de Jancenay, ou ses droits sur ce domaine, à Mathieu Blanchon, l’aîné des fils de son deuxième mariage, mais les modalités exactes de sa succession ne sont pas connues car son testament est resté jusqu’ici introuvable [9]
.

- A la mort de son père, Mathieu Blanchon (1735-1809), lui succéde à 26 ans comme fermier du Seigneur Commandeur pour le domaine de Montfuron et épouse presque immédiatement, le 23 novembre 1762 à Chazelles, Claudine Grangy (1739 ou 40-1810), 23 ans, fille de Barthélémy Grangy, de La Chèvre, et d’Antoinette Pupier. Ce Barthélemy Grangy était le beau-frère de son père (du fait du premier mariage de ce dernier avec Jeanne Grangy) et probablement son meilleur ami. Il était aussi l’oncle et le parrain de son demi-frère Barthélemy Blanchon.

- Mathieu Blanchon fit apparemment ses affaires encore mieux que son père et son grand-père : un peu avant la Révolution il affermait, comme son père avant lui, certaines dîmes de la Commanderie, ce qui veut dire qu’il en mettait, tout à fait légalement, une bonne partie dans sa poche, mais sur une beaucoup plus grande échelle que ne le faisait Benoît Blanchon. On sait que de 1774 à 1787 (au moins) il affermait ainsi pour 2000 l. par an et quelques prestations en nature la Dîme dite “de la Besace ou de Bas-Lieu”, perçue à St-Denis-sur-Coise, pays de sa mère [10]
 ;qu’à partir de 1776 il y ajoutait la Dîme de Chazelles [11]pour 2700 l. et 500 bottes de paille, ferme qu’il partageait avec son “beau-frère”Antoine Besson (en fait beau-frère de son frère cadet Benoît, époux de Françoise Besson) ; enfin qu’à partir de 1781 il y ajoutait encore la Dîme de Montchorier à St Laurent de Chamousset, pour 420 l. par an [12]
.Il fallait avoir les reins solides pour s’engager à payer en tout près de 4000 livres par an au Seigneur Commandeur, mais s’il n’y avait pas de catastrophe naturelle cela pouvait probablement rapporter largement le double. A titre de comparaison, on notera qu’en 1766 Me Rambert Javogues, notaire à Bellegarde (et père du Représentant en mission de la Convention, Claude Javogues, qui installa la guillotine à Feurs), pouvait revendre l’Hôtellerie du Chapeau Rouge de Chazelles pour 3000 livres, soit environ le double de ce qu’il l’avait payée deux ans plus tôt. La Révolution venue, alors que le dernier Seigneur Commandeur, Gaspard de la Richardie de Besse, allait être guillotiné à Paris, Mathieu Blanchon d’abord Syndic de la communauté de Chazelles fut le premier Chazellois à porter (brièvement) le titre de Maire et fut nommé le 20 juin 1790 l’un des douze administrateurs du District de Montbrison. Sans doute trop pris par ces nouvelles obligations, il se libéra en émancipant son fils Jean Marie, 23 ans (la majorité était alors fixée à 25 ans), et en lui faisant donation de tous ses biens immeubles, c’est à dire essentiellement des bâtiments et des terres obstinément conservés à Jancenay, depuis Antoine Blanchon, son grand-père, en dédommageant les autres héritiers, [13]plus quelques acquisitions telles qu’une terre à Jancenay dite Terre du Fontanil [14]
et un bois sur la paroisse de Chazelles, au sud de la route de Bellegarde, dit Bois Chalmazel [15].Bien lui en prit car il fut peu après (2 septembre 1791) élu député du Rhône-et-Loire à l’Assemblée Législative (1er octobre 1791 - 20 septembre 1792), sans avoir été candidat, et, ayant accepté, dut quitter Chazelles et se rendre à Paris pour un an. Pendant son absence, son fils s’occupa du domaine de Montfuron et fut ainsi, au moins en pratique, le quatrième fermier de ce domaine à porter le nom de Blanchon, après son père (Mathieu), son grand-père (Benoît) et son arrière-grand-père (Antoine) [16].A l’automne 1792 Mathieu Blanchon revint à Chazelles, et ne fit apparemment plus de politique. Les biens de la Commanderie furent vendus en bloc comme Bien National par le Directoire du district de Montbrison le 9 juillet 1793, à Hector Montaigne Poncins, résidant à Lyon mais appartenant à la famille des ci-devant Marquis et Comtes de Poncins, de St Cyr-les-Vignes et Valeille. Mathieu Blanchon fut un certain temps son fermier, comme il avait été celui du Seigneur Commandeur. Il se retira ensuite chez son fils à Jancenay où il mourut en 1809, à l’âge de 74 ans, et sa femme l’année suivante. Une rue de Chazelles porte aujourd’hui son nom. [17]

- Mathieu Blanchon et Claudine Grangy eurent surtout des filles, dont six survécurent et quatre se marièrent et eurent des descendants, mais tout de même un fils : Jean Marie Blanchon(1767-1848) dont il vient d’être question. Il était propriétaire du domaine de la famille à Jancenay depuis la donation que lui avait fait son père en 1791, et y résidait. Vers 1798-1800 il fut adjoint au maire de Chazelles. En 1813, à 36 ans, il épousa Jeanne Marie Fayolle (1780-1843), 23 ans, fille de Grégoire Fayolle († 1785), propriétaire d’un domaine agricole à La Niole, commune de St Denis-sur-Coise, au NE de Jancenay, cabaretier à St Irénée et bourgeois de Lyon et enfin rentier, propriétaire d’une maison avec jardin à St-Symphorien-sur-Coise, hors la porte de Gouvard. La mère de l’épouse était Jeanne Marie Pupier, fille de Jean Antoine Pupier [Bras-de-Fer], marchand demeurant au lieu du Mont, paroisse de Chazelles-sur-Lyon et de défunte Catherine Blanchard ; mariée en 1780 et veuve cinq ans plus tard, Jeanne Marie Pupier vivait de ses rentes à St-Symphorien et ses deux filles, Jeanne Marie et Marie Anne Fayolle, avaient hérité du domaine de La Niole et de la maison de St-Symphorien, le tout indivis entre elles. Le couple s’installa à Jancenay, commune de Chazelles où Jeanne Marie Fayolle accoucha de deux enfants morts-nés le 6 février 1814. C’est sans doute pour cette raison qu’elle retourna dans sa famille à St-Symphorien pour mettre au monde, en 1815, l’enfant suivant : Etienne (Jean Marie) Blanchon, dont la naissance fut déclarée à la Mairie de Chazelles le lendemain. Deux ans plus tard, en 1817, le couple eut encore un garçon, prénommé simplement Jean Marie comme son père, mais qui, lui, naquit à Chazelles. Sous la Restauration, un cousin de Jean Marie Blanchon (le père), Jean Baptiste Blanchon, surnommé “l’Ermite”, fervent légitimiste, fut Maire de Chazelles de 1815 à 1830. C’est lui qui, en tant qu’officier d’État-Civil, enregistra la naissance d’Étienne. Quand il fut destitué par Louis-Philippe et remplacé par Louis Delorme, Jean Marie Blanchon, le père, redevint Premier adjoint. En 1839, il racheta à sa belle-sœur la moitié du domaine de La Niole dont sa femme n’était pas propriétaire [18] .A la fin de sa vie Jean Marie Blanchon se retira dans l’ancienne Cure d’avant la Révolution, au 2 place de l’Église à Chazelles, qu’il avait achetée à la Ville en 1830, et qui fut connu dès lors sous le nom de “maison Blanchon” [19]:c’est là qu’il mourut, le 30 décembre 1848.

- Étienne Jean Marie Blanchon(1815-1886), pelaud du côté maternel et par son lieu effectif de naissance, résidait cependant à Chazelles, avec son frère, dans la “Maison Blanchon”, héritée de leur père. Il est probable qu’ils n’exploitèrent jamais directement leurs terres de Jancenay et d’ailleurs mais les firent exploiter par des fermiers ou des valet,s car tous les actes notariés connus les qualifient de “propriétaires rentiers”. Du côté maternel ils héritèrent aussi de la totalité des biens de leur grand-père Grégoire Fayolle, puisque leur tante, Marie-Anne Fayolle, épouse Féchet, qui n’avait pas eu d’enfants, leur légua aussi tout ce qu’elle possédait peu avant sa mort en 1846 [20].Etienne Blanchon gérait avec son frère, et à partir de 1868 pour son frère, leur patrimoine, laissé en indivision [21],c’est-à-dire qu’ils plaçaient tous les revenus disponibles en rentes sur l’Etat ou en prêts à des particuliers de toute la région négociés par l’intermédiaire de divers notaires mais surtout de Me Gabriel Fayolle, le père, puis à partir de 1884, le fils, notaires à Haute-Rivoire (Rhône). A l’occasion ils achetaient tel ou tel domaine agricole qui se trouvait à vendre, surtout au voisinage des terres familiales de Jancenay ou La Niole, au sud de la ville de Chazelles, et en particulier les propriétés de leurs lointains cousins Jean et (Jean) Antoine Grangy à La Chèvre [22],mais aussi du côté de Haute-Rivoire ou résidait leur notaire préféré. Ils finirent ainsi par posséder une bonne douzaine de domaines de tailles diverses ainsi que des terrains et des maisons de ville à Chazelles-sur-Lyon, soit, en tout, certainement plus de biens immeubles que n’en possédait le Seigneur Commandeur dans sa réserve seigneuriale avant la Révolution .... Il est donc clair que c’étaient des notables. En 1852, avec l’avènement de Napoléon III, Etienne Blanchon fut d’ailleurs nommé Maire, mais pour une raison inconnue (sans doute désapprouvait-il le coup d’état de Louis Napoléon) il refusa. Cela ne l’empêcha pas d’être ensuite l’Adjoint de Louis Néel, maire de Chazelles de 1865 à 1867, puis membre de la Commission qui, après dissolution du Conseil municipal, géra en 1870-71 la crise due à la défaîte et au changement de régime, et enfin, à 69 ans, deux ans avant sa mort, Adjoint d’Eugène Provot, maire de Chazelles à partir de 1884 [23]Etienne Blanchon mourut à Lyon le 27 mars 1886, avenue du Doyenné, à deux pas de la Cathédrale St Jean, et le décès fut déclaré à la mairie du 5e arrondissement dans le Vieux-Lyon. Tous les actes concernant sa succession précisent qu’il s’y trouvait “accidentellement” : il était donc de passage, pour son plaisir ou ses affaires (on pouvait à cette date voyager de Chazelles-Viricelles à la Gare St Paul à Lyon par le train), et logé probablement à l’hôtellerie [24].Célibataire, Etienne Blanchon n’avait pas d’autre héritier à réserve que son unique frère, Jean Marie Blanchon, le fils, de deux ans son cadet, célibataire lui aussi. Se souvenant de sa naissance à St-Symphorien-sur-Coise, qu’il rappelle en toutes lettres ans son testament [25],et sans doute aussi des biens du grand-père Grégoire Fayolle dont il était encore co-propriétaire avec son frère, Etienne Blanchon, fit de l’Hospice de cette ville son légataire universel, mais il laissa l’usufruit de ce legs à son frère Jean Marie, sa vie durant, de sorte que la succession ne put vraiment être réglée qu’après le décès de ce dernier cinq ans plus tard (V. ci-dessous). L’Hospice de St-Symphorien finit donc par recevoir une fortune assez époustouflante en biens mobiliers et immobiliers (probablement équivalente à plus de 12 millions de nouveaux francs ou 1 million 800 000 € ) qui permit un agrandissement considérable des locaux de l’établissement. En reconnaissance, lorsque la municipalité décida de nommer le nouveau “Boulevard” permettant d’accéder à la route de Chazelles sans descendre au faubourg dans la vallée pour remonter ensuite sur le plateau, comme on faisait précédemment, elle lui donna le nom d’Etienne Blanchon  [26]nom qu’il porta jusqu’à il y a environ trente ans avant d’être rebaptisé Boulevard Dr. André Margot en l’honneur d’un maire de la ville. Une autre disposition du testament prévoyait qu’une somme de 50 000 F serait partagée entre les “enfants, petits enfants et arrière petits enfants existants le jour de [son] décès” de ses quatre tantes mariées, filles de Mathieu Blanchon le Législateur et de ses deux “cousins” [parents au 6e degré] Antoine et Jean Grangy, de La Chèvre, dont il avait, avec son frère, acheté les domaines. Cette disposition fut scrupuleusement respectée par Me Fayolle, son exécuteur testamentaire, et donna lieu à une cohue pour faire enregistrer jusqu’à des enfants à naître “conçus, croit-on, avant le décès de M. Etienne Blanchon” ... Finalement, il se trouva 209 ayant droits, à Chazelles, Coise, Larajasse, Lyon, St-Genis-Laval, St-Martin-la-Plaine, St-Maurice-sur-Dargoire, St-Médard-en-Forez, Rive-de-Gier, St-Chamond, Saint-Étienne, Sorbiers, et même jusqu’à Romans et Aix-en-Provence, qui reçurent chacun : 50 000 : 209 = 239 F 235 [27].On en parla longtemps dans nos campagnes...

- Jean Marie Blanchon, le Jeune(1817-1891), frère du précédent, célibataire, était tout aussi riche que lui puique leurs biens étaient indivis, et même beaucoup plus riche pendant les cinq dernières années de sa vie puisqu’il jouissait alors de l’usufruit de la part de son frère décédé. Plus effacé, vivant apparemment dansl’ombredesonaîné,ilnesemblepasavoireuderôledansla vie publique. A sa mort, en 1891 [28], toujours dans la Maison Blanchon au 2 Place de l’Église à Chazelles, il laissa 100.000 F (plus de 2 millions 100.000 nouveaux francs ou 320.000 € en 2003) à l’Hospice de la ville. C’était évidemment beaucoup moins que ce qu’avait laissé son frère à celui de St-Symphorien, mais tout de même deux fois plus que le plus gros legs d’un particulier fait jusqu’à cette date à cet établissement. Imitant son frère, il laissa 10 000 F aux petits enfants de ses quatre tantes mariées, filles de Mathieu Blanchon, le Législateur, mais instruit par l’expérience (ou mis en garde par Me Fayolle), il prit la sage précaution de spécifier que ce degré de parenté était limitatif et ne devait pas s’étendre au-delà. Le plus gros de sa fortune revint, à un certain Jean Thivard, ancien propriétaire exploitant à St Médard-en-Forez, puis rentier à Saint-Etienne, mari de défunte Léonie Bajard, (une cousine, parente du testateur au sixème degré, arrière-petite-fille de sa tante Antoinette Blanchon, femme Grégoire, l’une des six filles de Mathieu Blanchon le Législateur), lequel se mit à son tour à prêter force argent à intérêt, comme ceux dont il avait hérité près de la moitié des biens...

- Ainsi finit, faute de descendants, le tronc principal des “Blanchon-Montfuron”, et la fortune qu’ils avaient mis presque deux siècles à accumuler, gagnée en grande partie sur le dos des populations de Chazelles et de sa région, fit en somme finalement retour, pour un peu plus de la moitié, à la collectivité, bien qu’avec un retard assez considérable ... On ne saura sans doute jamais si les deux donateurs étaient ou non conscients de cette ironie du sort.

- Au terme de cette histoire qui a montré l’émergence, l’enrichissement progressif, et finalement la disparition de la branche principale d’une famille, on ne peut manquer d’être frappé par la continuité de cette évolution ainsi que par son rythme curieusement irrégulier.

- Trois, voire quatre, générations successives de fermiers d’un même domaine, voilà sans doute la continuité la plus évidente, d’autant plus que la même chose se passait parallèlement dans une autre branche de la même famille pour le domaine de St Bonnet-les-Places, à St-Laurent-de-Chamousset, appartenant aussi à la Commanderie de Chazelles, et qu’au XVIIe siècles au moins deux et peut-être trois générations de Pupier (dits Picard, pour les distinguer des nombreux autres Pupier de Chazelles [29]
)s’étaient déjà succédé comme fermiers de Montfuron. On pourrait donc croire qu’il y a là une spécificité de la gestion des Chevaliers de Malte. Cependant on constate le même phénomène chez les fermiers de propriétaires nobles, comme par exemple les Moreton, fermiers du domaine du Château de Clérimbert à St-Symphorien, ou ceux de grands bourgeois visant la noblesse de robe ou l’ayant déjà obtenue, comme les Gonon fermiers du domaine Buer à Viricelles. Il faut comprendre sans doute que les propriétaires non-exploitants, qu’ils aient été nobles, bourgeois, ou ecclésiastiques, se souciaient surtout de la régularité de leurs revenus et n’avaient aucune raison de changer de fermiers si ceux-ci donnaient satisfaction, surtout si la famille était capable de fournir instantanément un nouveau chef d’exploitation lorsque le titulaire d’un bail venait à mourir en plein milieu d’une saison de culture. De là la formation presque automatique, pour peu que la biologie s’y prête, de dynasties de gros fermiers qui finissaient souvent par marier certains de leurs enfants dans le même milieu [30].

- Des terres à Jancenay, paroisse, puis commune de Chazelles, conservées sur cinq générations (Antoine, Benoît, Mathieu, Jean-Marie, et enfin les frères Etienne et Jean Marie le Jeune, en indivision) voilà une deuxième et remarquable continuité. Il faut y voir, bien entendu, la manifestation de l’attachement bien connu des familles paysannes à leurs terres, au point que toute vente de fonds familiaux était, et est parfois encore, considérée comme un déshonneur [31].L’héritier étant traditionnellement de préférence le fils aîné on a pu voir dans ce code une version roturière du droit d’aînesse, mais il s’agissait surtout, au moins avant l’entrée en vigueur du Code Civil napoléonien, de conserver une propriété viable, donc préservée de tout démembrement, qui puisse servir de position de repli au cas où le bail à ferme ou à grangeage du domaine qui constituait la ressource essentielle de la famille viendrait, pour une raison quelconque, à ne pas être renouvellé.

- L’irrégularité de cette évolution n’est pas moins frappante que sa continuité. Les acquisitions de terres commencent brusquement avec Antoine, le premier Blanchon fermier de Montfuron. On ne sait pour l’instant à quelle date exacte entre son premier bail à ferme de 1711 et son décès en 1728 il acheta des bâtiments d’habitation et d’exploitation sur environ 18 ha 70 de terres aux héritiers d’Etienne Flachon, bourgois de Lyon, de souche Chazelloise mais ayant quitté l’agriculture pour des activités commerciales plus lucratives à la grande ville. C’était un début prometteur et cependant trente-deux ans plus tard, au Terrier Faure de Montgirard de 1772 [32], son petit-fils Mathieu Blanchon signe une reconnaissance au Seigneur Commandeur pour les mêmes biens augmentés d’environ 2 ha 20, ce qui n’est pas grand chose. Pourtant Mathieu gagnait certainement beaucoup d’argent. A la génération précédente Benoît Blanchon n’avait guère augmenté son patrimoine que des 7 ha du Domaine Moulin Gabillon comme on l’a vu ci-dessus, mais il l’avait laissé au fils né de son premier mariage, Barthélemy Blanchon.. Ce n’est qu’entre 1772 et 1791 que le processus d’acquisition reprend un peu : achat en 1779 des maigres biens à Chazelles du cousin Cyprien Blanchon (V. note 31) ; achat de la terre du Fontanil en 1782 et du Bois Chalmazel en 1788 (V. notes 14 et 15) ; enfin achat à une date inconnue d’une terre au lieu de Viara, à la limite de Grézieu-le-Marché. Après la donation de Mathieu à son fils Jean Marie en 1791, ce dernier recommence à acheter, en tout environ 15 ha, ce qui doit porter son patrimoine à quelques 40 ha : c’est mieux mais pas encore comparable à l’explosion d’achats qui caractérisera la dernière génération entre 1848 et 1891 [33].

- La clef de cette irrégularité nous est fournie par les conditions de la donation de 1791 : elle prévoyait que Jean Marie Blanchon, le donataire, devrait payer des “légitimes” [34],fixées dans ledit acte, à ses sœurs Catherine Blanchon la cadette [femme de Jean Marie Thélisson, de St Médard, à partir du 9 juin 1798], Jeanne Marie Blanchon, Claudine Blanchon [femme de Jean Antoine Bruyas, de Larajasse, à partir du 30 décembre 1798], et Marie Blanchon, 4 filles du donateur encore célibataires, et un supplément de légitime à chacune de Catherine Blanchon, l’aînée, mariée à Jacques Clavel, de Chazelles, en 1790, et Antoinette Blanchon, mariée à André Grégoire, de Coise, la même année. Jeanne Marie et Marie Blanchon resteront célibataires mais il sera tout de même tenu de les désintéresser de leurs droits sur la succession de leur père. De plus à la mort de Mathieu en 1809 certaines sœurs et leurs maris menaceront de remettre en cause les arrangements de 1791 au nom des nouvelles lois successorales plus favorables pour elles et obligeront leur frère Jean Marie Blanchon à transiger et à leur verser un supplément de légitime. Toute sa vie Jean Marie a donc été handicapé, malgré l’importance de ses revenus, par la nécessité de dédommager ses co-héritiers. Et l’on comprend a posteriori, même si Antoine Blanchon n’avait peut-être pas fait de testament et si celui de son fils Benoît Blanchon reste pour le moment introuvable, qu’il a dû en aller de même à chaque génération. Il était certes confortable sous l’Ancien Régime d’être le fils aîné, pratiquement assuré de conserver l’essentiel du patrimoine familial et donc l’outil de production, mais de toute évidence ce n’était pas une sinécure, surtout lorsque la famille comptait une dizaine d’enfants survivants, voire plus, malgré le taux généralement élévé de mortalité infantile. Les seuls à échapper à ces lourdes contraintes furent donc le premier et les derniers de la lignée : le premier, Antoine Blanchon, n’était pas l’aîné des trois garçons connus, mais même l’eût-il été, leur père étant journalier, il n’y avait pratiquement pas de patrimoine à partager et donc personne à désintéresser de quoi que ce soit ; quant aux deux derniers, n’ayant ni frères ni sœurs ni femmes ni enfants et vivant, dit-on, fort chichement, ils ne dépensaient quasiment rien et pouvaient consacrer la presque totalité de leurs revenus à l’accroissement exponentiel de leur patrimoine [35]

- Jean Marie Blanchon, le père (1767-1848), sa femme Jeanne Marie Fayolle (1780-1843), et leurs deux fils Etienne Jean Marie Blanchon (1815-1886) et Jean Marie Blanchon, le Jeune (1817-1891), les derniers Blanchon-Montfuron, reposent tous les quatre sous un lourd monument du cimetière de Chazelles [36].A la mort de Jean Marie Blanchon le Jeune en 1891, ce tombeau n’était encore recouvert que d’une simple dalle mais, dans son testament, ce dernier chargea son légataire universel, Jean Thivard, qui héritait aussi de la concession au cimetière, de confier 8000 F à Me Gabriel Fayolle pour qu’il fasse ériger par dessus “un monument modeste”, à charge pour lui de restituer le reliquat éventuel. En ce début du XXIe siècle, le monument (pas si modeste que cela) n’est guère entretenu et j’ai dû grimper dessus pour déchiffrer péniblement des inscriptions presque illisibles. Mathieu Blanchon, le Législateur, étant mort en 1809, avait certainement été enterré dans le cimetière de l’époque, à St-Roch depuis 1770, (devenu ensuite la Place Thiers, et aujourd’hui la Place du Général de Gaulle). Vu le temps écoulé depuis sa mort, il est peu probable que ses restes aient été exhumés et ré-inhumés dans le cimetière actuel, ouvert en 1854 : je n’ai d’ailleurs pas trouvé de tombe à son nom et il n’y a aucune inscription le concernant sur le tombeau où reposent son fils, sa bru, et leurs deux enfants.

Jean Alain Blanchon



Bibliographie

- Archives Départementales de la Loire (AD 42)

*Sous-série 5E : Minutes des notaires du Département de la Loire

- Archives Départementales du Rhône (AD 69)

*Sous-série 3E : Minutes des notaires du Département du Rhône.

*Sous-série 48H : Fonds Malte.

- Boissieu, Maurice de
1999. Notices historiques sur Saint-Médard, Chevrières, Chazelles-sur-Lyon. Lyon : Éditions René Georges. Reproduction de l’édition de 1903 chez Éleuthère Brassart à Montbrison, tiré à part du Bulletin de la Diana, t. XII (1901).

- Bourne, Hippolyte
1997. Histoire de la Ville & de la Commanderie de Chazelles-sur-Lyon. Lyon : Éditions René Georges. Reproduction de l’édition originale de 1912 chez Éleuthère Brassart à Montbrison.

- Brossard, Etienne
1905. Histoire du département de la Loire pendant la Révolution française (1789-1799), publié par Joseph de Fréminville, Tome I : Les Etats Généraux, L’Assemblée Constituante, L’Assemblée Législative.Paris, Librairie Champion, et Saint-Etienne, Librairie Chevalier.

- Carte IGN au 1 : 25 000, n° 2932 O : Chazelles-sur-Lyon, St-Symphorien-sur-Coise.

- Registres Paroissiaux et d’Etat-Civil de Bellegarde, Chazelles-sur-Lyon, Chevrières, Maringes, St Cyr-les-Vignes, St Denis-sur-Coise, St Laurent de Chamousset, St Médard-en-Forez, St-Symphorien-sur-Coise, Virigneux.


NB : Cette version du texte ne sera probablement pas la dernière : elle pourrait en effet être complétée et améliorée, en particulier si j’arrive à trouver, aux Archives Départementales de la Loire ou ailleurs, certains actes passés devant des notaires foréziens. Les recherches continuent.


[1 Histoire de la Ville & de la Commanderie de Chazelles-sur-Lyon, p. 501.

[2“Le sus-dit domaine de Montferrand est affermé à Antoine Blanchon, moyennant la somme de huit cent vingt livres en argent, quinze ras d’avoine, six chapons et un agneau, y compris la dîme du domaine et du domaine Margat. Le cheptel du domaine est de la somme de deux cent cinquante quatre livres. Les semences de la quantité de huit sétérées de bled seigle ou froment, selon le bail à ferme passé audit Blanchon le quatorze juillet mil sept cent onze par devant Me Commarmond notaire royal.” AD 69 : 48H 1603, Visite du 8 juin 1725.

[3On possède plusieurs descriptions de ce domaine, parfois très détaillées, datant de 1642 (AD 69 : 48H 1602), de 1686 (48H 323), de 1721 (AD 69 : 48H 1602), de 1725, 1733, 1753 et 1766 (AD 69 48H 1603),et enfin de 1771 (AD 69 : 48H 1604).

[4L’incertitude quant à la date exacte est due au très mauvais état du Registre paroissial pour les années 1720-1730.

[5Sa situation sera officiellement régularisée en 1732 : “Le dit domaine avec droit de dîme est affermé à Benoît Blanchon, laboureur y demeurant pour huit cent vingt livres, quinze ras d’avoine, six chapons et un agneau. Dans la ferme est compris le droit de dîmes du domaine Margat appartenant au Sieur Arnaudtizon, suivant le bail passé audit Blanchon par devant Me Commarmond le 14 octobre 1732” : AD 69 : 48H 1603 : Dénombrement des fonds du Domaine de Montferrand en 1733.

[6Elle signe pour ces biens une reconnaissance au Seigneur Commandeur au Terrier Pupier de 1740 : AD 69 : 48H 1509.

[7On a le bail de 6 ans pour la période 1745-1751 : AD 69 : 48H 1614.

[8Cela ressort de la comptabilité de Me Faure de Montgirard pour novembre 1763 (AD 69 : 48H 599) où l’on peut lire : “Reçu de Barthélemy Blanchon pour les servis de son Domaine Gabillon d’une année échu à Toussaint dernier, suivant la cote en liève de Benoît Blanchon son père etc.” et du Terrier Pupier de 1740 (AD 69 48H 1509) où le même domaine figure à l’article 7 de la reconnaissance de Dame Elisabeth Richer, veuve de Messire Jean Durret, Chevalier, Premier président au Bureau des Finances de la Généralité de Lyon, Seigneur de Grigny. On apprend aussi dans ce dernier document que le Domaine Gabillon était situé au territoire des Ebusseaux et contigu aux terres de Benoît Blanchon à Jancenay, ce qui fournit un motif plausible pour cette acquisition.

[9Testament de Benoît Blanchon, reçu Me Mathevon, notaire royal à Chazelles, le 2 mars 1761.

[10A la date de 1780, “Le Seigneur continue également [à Mathieu Blanchon] la ferme de la dîme de la Besache ou de Bas-Lieu qui se lève en Coise, dépendant de la Commanderie, suivant le bail à lui passé le trois mars mil sept cent septante quatre : AD 69 : 48H 650.

[11AD 69 : 48H 635 : Baux et comptes de Me Faure de Montgirard pour le Commandeur Nicolas François de Prunier de Lemps,1776.

[12AD 69 : 48H 653, sous la date du 6 mai 1781.

[13Par acte reçu Me Foujols, notaire à St Galmier le 28 avril 1791 : AD 42 : 5E 2360. 0n en possède aussi une analyse partielle faite par le notaire Gabriel Fayolle, de Haute Rivoire, un siècle plus tard : AD 69 : 3E 29 414.

[14Achetée par Mathieu Blanchon le 13 mars 1782, par acte reçu Me Teyssot, notaire à St Symphorien-le-Château : AD 69 : 3E 14 059, pièce n° 49.

[15Acheté par Mathieu Blanchon le 6 février 1788, par acte reçu Me Richard, notaire à Haute-Rivoire : AD 69 : 3E 30 094, pièce n° 64. Ce bois figure encore sur la carte de L’IGN au 1/25000e sous le nom de Bois Charmazel.

[16On a une lettre signée J M Blanchon, adressée en 1791 au Receveur de la Commanderie de St Georges, à Lyon, attribuée par le répertoire des AD 69 à Mathieu Blanchon, mais en fait écrite en son absence par son fils Jean Marie, qui le prouve : AD 69 : 48H 220. Jean Marie était forcé de s’adresser directement à Lyon car à cette date le dernier Commandeur de Chazelles, qui, à la différence de la plupart de ses prédécesseurs, résidait d’ordinaire dans sa Commanderie, était en fuite.

[17C’est la deuxième sur la droite en venant de la Place des Portes (ou “fond de ville”) en direction de Chevrières et St Médard. Elle fait communiquer la Route de Chevrières et celle de St Galmier.

[18Par acte reçu Me Perrin, notaire à St Symphorien-sur-Coise, le 27 février 1839 : AD 69 : 3E 14 388, pièce n° 44.

[19On possède un plan de Chazelles du XVIIIe siècle (AD 69 48H 1616) où la position de la maison curiale est clairement indiquée : c’était la deuxième maison à l’ouest du passage faisant communiquer la Place de l’Eglise avec la Grand Rue. La première maison ayant été démolie depuis, elle se trouve désormais en bordure du passage, qui a donc été décalé d’est en ouest, opération rendue nécessaire entre autre par l’avancée de la façade ouest de l’église lors de la reconstruction du clocher terminée en 1827, alors que Jean Baptiste Blanchon était maire. On possède aussi une description détaillée de la disposition intérieure de la maison curiale telle qu’elle se présentait en 1725 (AD 69 : 48H 1603), soit une cave, trois niveaux d’habitation de deux pièces chacun dans la profondeur, et des greniers au-dessus. Actuellement, la cave de cette maison, désormais ouverte sur la Grand-Rue, est occupée par la Maison de la Presse. Elle a été aussi beaucoup surélevée et remaniée, mais reste encore facilement identifiable grâce aux documents cités ci-dessus. L’entrée sur la place J.B. Galland, ex-Place de l’Eglise, porte toujours le numéro 2.

[20A l’exception de son perroquet, qui alla aux nièces de son mari ... accompagné d’une rente annuelle de 50 francs aussi longtemps que l’animal vivrait : Testament de Marie Anne Fayolle, reçu Me Besson, notaire à St Symphorien, le 24 octobre 1846 : AD 69 : 3E 14 290.

[21Jean Marie Blanchon, le Jeune, lui signe à cet effet une procuration devant Me Fayolle, notaire à Haute-Rivoire le 16 juin 1868 : AD 69 : 3E 29 389, pièce n° 212.

[22Actes reçus Me Meunier, notaire à Chazelles, le 3 mai 1859 (Domaine de Jean Antoine Grangy) et le 16 octobre 1860 (Domaine de Jean Grangy).

[23Toutes ces précisions sur la carrière municipale d’Etienne Blanchon sont tirées de Bourne, op. cit. pp. 502 - 504 : Les maires de Chazelles..

[24La maison est probablement celle qui abrite actuellement, au rez-de-chaussée, le Café de la Ficelle.

[25Testament annexé à l’acte de notoriété du 9 avril 1886 figurant aux minutes de Me Fayolle Fils, notaire à Haute-Rivoire : AD 69 : 3E 29 408.

[26Délibération du Conseil Municipal du 7 août 1895. Renseignement fourni par M. Pierre Lhopital de St Symphorien-sur-Coise.

[27Division opérée par Me Gabriel Fayolle devant Me Matagrin notaire à St Laurent de Chamousset, le 18 mars 1887 : AD 69 : 3E 30 035.

[28Testament, plus deux codicilles, aux minutes de Me Gabriel Fayolle, notaire à Haute Rivoire : AD 69 : 3E 29 413

[29Pupier de Brioude, Pupier de St Georges, Pupier Flaccard, Pupier Bras de Fer, etc.

[30Comme lorsqu’en 1762 Catherine Blanchon, fille de † Benoît Blanchon, fermier de Montfuron, épouse Etienne Moreton, fils et successeur de Floris Moreton fermier du domaine du château de Clérimbert à St-Symphorien ; ou encore lorsqu’en 1783 Etienne Blanchon, mon ancêtre, petit-fils, fils et frère de fermiers de Montfuron, épouse à Virigneux Jeanne Marie Pelletier, arrière-petite-fille d’Antoine Gonon, petite-fille de Laurent Gonon, et nièce de Jean Gonon, fermiers sur trois générations à Viricelles du domaine de Monsieur Buer, Procurueur du Roi en l’Election de Montbrison. Emmanuel Le Roy Ladurie parle à ce propos de “fermocratie” (Histoire des paysans français, de la Peste noire à la Révolution, Paris, Seuil-PUF, 2002, p. 204)

[31Comme la branche chazelloise des Blanchon fermiers de la Commanderie, celle de St Laurent de Chamousset s’accrocha pendant trois générations aux quelques biens qu’elle possédait en propre à Chazelles, mais lorsqu’en 1779, contraint par la nécessité ou ayant compris qu’après plus de 50 ans d’absence aucun de ses descendants ne retournerait sans doute jamais dans cette ville, Cyprien Blanchon finit par vendre le petit héritage provenant d’un arrière-grand-père, il le vendit ... à Mathieu Blanchon, son lointain cousin de Montfuron, évitant ainsi qu’il sorte de la famille. Acte reçu Me Faure de Montgirard (l’auteur du Terrier de 1772) le 22 août 1779..

[32AD 69 : 48H 1511.

[33Il serait fastidieux d’énumérer tous les actes notariés concernés, disséminés chez plusieurs notaires de la région, mais on les trouvera dans la liste des titres et pièces partagées entre l’Hospice de St Symphorien-sur-Coise, Légataire universel d’Etienne Blanchon, et Jean Thivard, Légataire universel de Jean Marie Blanchon, acte déposé aux minutes de Me Gabriel Fayolle, Notaire à Haute-Rivoire, pour l’année 1892 : AD 69 : 3E 29 414.

[34Légitime : Terme de jurisprudence. Portion assurée par la loi à certains héritiers sur la part héréditaire qu’ils auraient eue en entier, si le défunt n’avait pas disposé autrement de cette part (c’est un terme d’ancien droit ; l’institution du droit nouveau, analogue sans être tout à fait pareille, se dit réserve). Littré.

[35Je tiens de la bouche d’Adolphe Ulmer (1878-1968), de Chazelles, époux en secondes noces de ma grand-mère Aline Vietti, veuve Blanchon, qu’il se souvenait d’avoir vu le dernier Blanchon-Montfuron († 1891) déambuler en ville vêtu comme un paysan, avec du foin dans ses galoches, ce qui amusait beaucoup la population, qui avait une idée assez précise de l’étendue de sa fortune.
.

[36Il s’agit de la Concession perpétuelle n°7 du 8 novembre 1872, située contre le mur de clôture à côté de la première entrée, une petite porte, en venant de la route de Grézieu.


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